La norme EN 14372 encadre la sécurité des couverts et de la vaisselle destinés aux enfants jusqu’à 36 mois, avec un volet chimique consacré notamment au bisphénol A (BPA). Ce guide détaille le champ d’application de la norme, ses exigences chimiques, la chronologie de l’interdiction du BPA en France et en Europe, ainsi que des critères pratiques pour bien choisir une vaisselle conforme.

Un champ d’application centré sur les 36 premiers mois
La norme EN 14372 fixe les exigences de sécurité relatives aux matériaux, à la fabrication, aux performances, à l’emballage et à l’étiquetage des couverts et de la vaisselle. Elle s’applique à tous les produits destinés à un enfant jusqu’à 36 mois pour manger seul ou avec l’aide d’une autre personne. La norme EN 14372 couvre les couverts et ustensiles destinés aux enfants jusqu’à 36 mois. Elle englobe également les produits dont la fonction principale diffère, mais qui remplissent une fonction secondaire d’aide à l’alimentation.
Trois grandes familles d’exigences
Inspection visuelle et tactile
Cette catégorie vérifie l’absence de pointes acérées, de bouts pointus, de petites pièces détachables ou de trous pouvant former des pièges à doigts, ainsi que la tenue des décorations imprimées.
Exigences mécaniques et chimiques
Le volet mécanique évalue la résistance à la traction, le couple de torsion, la résistance au déchirement, la force et la dureté du matériau, ainsi qu’un test de chute. Le volet chimique, classé par matériau, encadre la migration de certains éléments et sera détaillé dans le chapitre suivant.
| Version | Publication | Nombre de pages |
| NF EN 14372 | Décembre 2004 | 28 p. |
| PR NF EN 14372 (révision) | Juillet 2024 | 105 p. |
- Inspection visuelle et tactile : pointes, petites pièces, trous
- Exigences mécaniques : traction, couple, chute
- Exigences chimiques : migration par matériau
- Vérifier que le produit relève bien du champ d’application (moins de 36 mois)
- Contrôler la conformité mécanique (résistance, absence de petites pièces)
- Passer au contrôle des exigences chimiques par matériau
Une norme suivie par la commission Articles de Puériculture de l’AFNOR, dont la révision en cours élargit sensiblement le texte initial de 2004.
Des contrôles chimiques classés par matériau
Le volet chimique de la norme EN 14372 encadre, matériau par matériau, la migration de certains éléments, la teneur en phtalates, la teneur en composés volatils, la libération de formaldéhyde, la libération de nickel et la libération de bisphénol A (BPA). La norme EN 14372 encadre la libération de bisphénol A par matériau utilisé. Ces contrôles s’appliquent à tous les couverts et récipients relevant du champ d’application décrit précédemment.
Pourquoi ces substances sont surveillées
Des perturbateurs endocriniens identifiés
Le BPA et les phtalates font partie des substances classées comme perturbateurs endocriniens. Ils sont susceptibles d’affecter le métabolisme des sucres et des graisses, ainsi que l’équilibre hormonal des jeunes enfants, particulièrement sensibles à ce type d’exposition.
Un risque accru avec la chaleur
Ces matières sont considérées comme les plus nocives lorsqu’elles sont chauffées, car la migration vers les aliments s’en trouve favorisée. Le chauffage d’un contenant plastique augmente le risque de migration chimique vers l’aliment. C’est pourquoi le test de résistance à la chaleur figure parmi les critères d’évaluation des matériaux.
| Paramètre chimique contrôlé | Ce qu’il vérifie |
| Migration d’éléments | Passage de substances du matériau vers l’aliment |
| Teneur en phtalates | Présence de plastifiants |
| Libération de BPA | Présence de bisphénol A |
| Composés volatils / formaldéhyde / nickel | Autres substances potentiellement nocives |
- Migration de certains éléments contrôlée par matériau
- Teneur en phtalates et en composés volatils encadrée
- Libération de BPA, de formaldéhyde et de nickel surveillée
- Identifier le matériau du produit (plastique, silicone, autre)
- Vérifier l’absence des substances listées par la norme
- Privilégier les produits testés pour la migration à chaud
Un contrôle chimique pensé pour limiter l’exposition des nourrissons aux perturbateurs endocriniens, particulièrement lors du chauffage des contenants.
Une interdiction française amorcée dès 2010
La France a été pionnière sur ce sujet. Le bisphénol A est interdit dans les biberons en France depuis le 30 juin 2010, une mesure étendue au niveau européen dès juin 2011. La France interdit le BPA dans les biberons depuis le 30 juin 2010. Cette première étape a ouvert la voie à un élargissement progressif du champ d’interdiction.

De la vaisselle des nourrissons à tous les emballages
2013 : les conditionnements pour jeunes enfants concernés
Depuis le 1er janvier 2013, le BPA est interdit en France pour tous les conditionnements alimentaires destinés aux nourrissons et aux enfants en bas âge, ce qui inclut la vaisselle en plastique et non plus seulement les biberons.
2015 puis 2024 : une extension progressive
L’interdiction française a ensuite été étendue à l’ensemble des emballages alimentaires, y compris ceux destinés aux adultes et aux femmes enceintes, depuis le 1er janvier 2015. L’Union européenne interdit le BPA dans tous les matériaux au contact des aliments à partir de fin 2024. Cette dernière mesure européenne s’accompagne d’une période de transition comprise entre 18 et 36 mois.
| Date | Portée de l’interdiction |
| 30 juin 2010 (France) | Biberons |
| Juin 2011 (Europe) | Biberons |
| 1er janvier 2013 (France) | Conditionnements nourrissons et jeunes enfants |
| 1er janvier 2015 (France) | Ensemble des emballages alimentaires |
| Fin 2024 (UE) | Tous les matériaux au contact des aliments |
- 2010 : interdiction française des biberons en BPA
- 2013 : extension à la vaisselle pour nourrissons
- 2015 : extension à tous les emballages alimentaires en France
- Retenir que la France a devancé l’Union européenne sur ce sujet
- Situer l’interdiction européenne complète à fin 2024
- Anticiper une période de transition de 18 à 36 mois côté UE
Une chronologie qui montre une interdiction construite par étapes, la France ayant systématiquement précédé le calendrier européen.

Le plastique : un choix possible sous conditions
Pour la vaisselle en plastique, il faut s’assurer qu’elle soit exempte de BPA et de phtalates, et éviter la mélamine. Mieux vaut privilégier un plastique non toxique comme le polypropylène, le polyphénylsulfone ou le polyéther sulfone. Le polypropylène certifie l’absence de bisphénol A dans la vaisselle bébé. La mention « sans BPA » sur l’étiquette reste le repère le plus simple au moment de l’achat.
Bambou et inox : deux alternatives à considérer
Le bambou, écologique mais sensible à la chaleur
Le bambou constitue un choix robuste et écologique, facile d’entretien, mais il résiste mal à la chaleur des aliments et au passage au micro-ondes. Il convient donc davantage aux repas froids ou tièdes.
L’inox, solide et sans substances à risque
L’inox est léger, sain, incassable et ne s’oxyde pas au fil des lavages. L’inox élimine tout risque de migration de BPA vers l’aliment. Il convient particulièrement aux aliments consommés froids, comme les compotes ou les fruits.
Pour les tout premiers repas, les couverts premier âge à embout souple en silicone restent recommandés : doux pour les gencives, hygiéniques et faciles à nettoyer.
| Matière | Avantage | Point de vigilance |
| Plastique sans BPA | Léger, économique | Éviter la mélamine |
| Bambou | Écologique, robuste | Résiste mal à la chaleur/micro-ondes |
| Inox | Incassable, sans BPA | Peut chauffer rapidement |
- Vérifier la mention « sans BPA » sur l’étiquette
- Éviter la mélamine dans les vaisselles en plastique
- Réserver le bambou aux repas froids ou tièdes
- Choisir la matière selon l’usage (froid, tiède, chaud)
- Contrôler l’étiquetage sans BPA ni phtalates
- Opter pour des couverts premier âge en silicone dès les premiers repas
Un choix de matière qui doit avant tout suivre la conformité à la norme EN 14372 et la mention « sans BPA », quel que soit le budget disponible.
EN 14372 et BPA : une réglementation désormais bien verrouillée
Entre le champ d’application précis de la norme EN 14372, ses exigences mécaniques et chimiques, et une interdiction du BPA construite par étapes depuis 2010, la réglementation encadre désormais strictement la vaisselle destinée aux jeunes enfants. En pratique, vérifier la mention « sans BPA » sur l’étiquette et choisir une matière adaptée à l’usage, plastique certifié, bambou ou inox, permet de limiter l’exposition de bébé aux perturbateurs endocriniens. L’extension de l’interdiction du BPA à l’ensemble des matériaux au contact des aliments d’ici fin 2024 confirme cette tendance de fond au niveau européen.

